Radio communautaire de Brisas del Sur : renforcer la gouvernance locale et autochtone dans la communauté mapuche-chono Antunen Rain sur la côte d'Aysén, au Chili

Radio communautaire de Brisas del Sur : renforcer la gouvernance locale et autochtone dans la communauté mapuche-chono Antunen Rain sur la côte d’Aysén, au Chili

Cette initiative mettra en œuvre une stratégie de communication visant à renforcer la gouvernance locale et autochtone dans l’archipel des Iles Huichas, au large de la région d’Aysén en Patagonie chilienne. Le projet aura un impact positif à trois niveaux.

Au niveau local, la communauté autochtone Antunen Rain sera renforcée par la création et la gestion de la radio communautaire Brisas del Sur. Grâce à la programmation de la radio, la communauté créera un espace pour débattre et susciter l’engagement sur les problèmes et les besoins locaux, ainsi qu’une plus grande sensibilisation aux droits collectifs et à la possibilité de participer au processus de transformation que connaît actuellement le pays et d’en préconiser le changement. Il est essentiel de promouvoir le sauvetage et le renforcement de la culture et de l’identité mapuche-chono sur la côte et, à partir de là, de générer des propositions pour le processus constitutionnel qui va bientôt commencer au Chili. Les travaux viseront également à élaborer un plan de vie pour la communauté en organisant des discussions sur divers sujets d’intérêt communautaire (par exemple : l’environnement, l’histoire et l’identité autochtones, les droits des autochtones et le processus constitutionnel). Dans toutes les initiatives, une attention particulière sera accordée à la situation des femmes et des jeunes vivant dans l’archipel.

Au niveau du monde autochtone régional, national et international, des réseaux de soutien mutuel seront créés et renforcés. En particulier, une réunion sera organisée entre les communautés autochtones de la région d’Aysén, et les populations locales participeront à une réunion des communicateurs autochtones au Chili ou en Argentine. On espère ainsi contribuer au renforcement de l’identité de la communauté elle-même et d’autres communautés autochtones et locales qui traversent des processus similaires. Cette initiative cherchera également à établir un réseau avec d’autres stations de radio communautaires.

Au niveau régional, des actions de plaidoyer politique et de sensibilisation du public seront menées pour promouvoir la reconnaissance d’une aire marine conservée par les peuples autochtones sur le territoire. Cette initiative vise à assurer la protection de la biodiversité marine et côtière face à la menace de l’expansion de l’industrie du saumon, qui a déjà fait des ravages à Aysén et dans la région voisine de Los Lagos. Jusqu’à présent, la résistance politique au Chili pour reconnaître les initiatives de conservation autochtones a été forte, avec une intensité particulière dans la région d’Aysén, étant donné les intérêts économiques des entreprises de pêche industrielle et d’élevage de saumon sur le territoire. Une autre difficulté à laquelle il faudra faire face est que l’approbation des aires marines protégées relève officiellement de la décision d’un organisme appelé Commission régionale pour l’utilisation de la frontière côtière (CRUBC), composé principalement de représentants du gouvernement. Cette Commission devra statuer sur l’initiative de l’aire marine conservée par les peuples autochtones au cours du premier semestre 2021. Toutefois, l’expérience d’autres communautés a montré qu’il est possible d’obtenir un vote favorable grâce à une information et sensibilisation adéquates au niveau régional.  Afin de créer une atmosphère favorable, il sera nécessaire que les représentants des communautés participent à des espaces de discussion et diffusent des informations sur la situation de la côte dans les villes de Coyhaique et de Puerto Aysén, qui sont les villes les plus peuplées de la région. À cette fin, l’initiative organisera un événement pour informer sur la situation de la côte, ses problèmes et les menaces auxquelles elle doit faire face, ainsi que sur les propositions des communautés autochtones et locales.